Une filiale d’EDF présente les pistes pour aller vers le tout renouvelables en 2050 – Challenges

Fonctionner avec 100% d’énergies renouvelables ? C’est possible pour 2050 avait dit, en avril 2015, l’Ademe. A l’époque, le rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie était passé inaperçu. La COP 21 n’avait pas eu lieu, Greta Thunberg  usait encore ses fonds de culotte sur les bancs de l’école, la France n’avait pas encore opté pour la neutralité carbone en 2050. Aujourd’hui, RTE, filiale transports d’électricité d’EDF, dit presque la même chose. Publié conjointement avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’étude devrait cette fois recevoir beaucoup plus d’échos. « Il constitue un moment copernicien pour le monde de l’énergie, s’enthousiasme Barbara Pompili. Nous avons désormais la confirmation que tendre vers 100 % d’électricité renouvelable est techniquement possible. »

Pour la ministre de l’Ecologie, le rapport arrive à point nommé.  Dans quelques semaines, EDF doit remettre au gouvernement un dossier complet sur la construction de six futurs EPR. Même si la décision ne sera pas prise avant 2023 au mieux (quand l’EPR de Flamanville aura été lancé), Barbara Pompili tenait à ce qu’EDF explore aussi le scénario 100% renouvelables. « Le moment venu, nous donnerons notre opinion sur ce que voudrait dire en termes de faisabilité, de coûts, de risques un programme dans lequel on se passerait totalement de nucléaire, nous disait l’an dernier le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy. Si on se projette cinquante ans en avance, il ne faut pas dire que c’est impossible. Regardons aujourd’hui quels sont les obstacles. Et si on doit cheminer dans cette direction, ayons en tête que c’est peut-être une cible. »

Un rapport qui fait consensus

Pour RTE, c’est une cible réalisable mais qui nécessitera des ajustements importants eu égard au caractère intermittent de l’éolien et du photovoltaïque. « Il faudrait développer des moyens de flexibilité », indique Thomas Veyrenc, directeur stratégie et prospective à RTE. Cela implique de nouvelles productions de pointe (actifs immédiatement disponibles). Ces centrales fonctionneraient avec des combustibles synthétiques comme l’hydrogène décarboné. Il faudrait du stockage en jouant notamment les batteries des véhicules électriques. Et du stockage de long terme en utilisant de l’hydrogène vert ou du méthane de synthèse. A cela, il faudra ajouter des nouveaux moyens d’effacement (des micro-coupures d’électricité imperceptibles pour le consommateur) et des déplacements de consommation. En 2050, il faudra enfin de nouveaux moyens de production susceptibles de suppléer aux 61 gigawatts de nucléaire, aux 10 GW de gaz et aux 3 GW de charbon qui auront tous disparu.

RTE évoque un besoin se situant entre 40 et 60 GW supplémentaires. Le coût de ces nouvelles capacités sera évalué dans un prochain document publié à l’automne. « Notre rapport fait l’objet d’un consensus scientifique sur sa faisabilité théorique, indique Thomas Veyrenc. Mais il y aura besoin de le tester à grande échelle. » En attendant, Barbara Pompili est aux anges. Ce document « est une évolution conceptuelle majeure et une révolution pour nos représentations collectives concernant notre mix électrique », dit l’ancienne militante EELV. Même satisfaction au sein de l’ONG Réseau Action Climat. « Contrairement aux déclarations du président de la République, la France n’a pas besoin du nucléaire, puisque de véritables alternatives sont possibles », indique l’organisation dans un communiqué. EDF, on l’imagine, est moins heureux. Même s’il s’est beaucoup développé dans les renouvelables ces dernières années, sa culture reste profondément nucléaire. En mars prochain, l’électricien va pour la première fois publier son propre scénario énergétique pour 2035. Gageons qu’il sera différent de celui de RTE.

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